samedi 12 mai 2012

Quatre nouveaux titres en souscription :

Philippe Païni
Les visages s'effacent

Geneviève Peigné
A défaut de miracle

Albane Gellé
Nous valsons

Michel Bourçon
et ainsi les arbres



Extraits

peut-être encore quelque chose comme
la vie
entre les pavés
ce qui lentement les soulève ici
ou là
lentement ce qui creuse
ailleurs
peut-être quelque chose bruit qu’on n’entend pas
dans le bruit
le grand bruit des vivants qui se tiennent ainsi
main dans la main la bouche
dans l’oreille ou parlant fort
au-dessus des files de voitures entre deux
quintes d’autobus

termini termini
et la communauté des vivants s’ébranle lentement
continue invisiblement à se déplier dans la nuit
et parle parle sans fin à y percer des trous




                                                                          Philippe Païni,
                                                                                   Les visages s’effacent







Redescendre de la neige
qui tire son drap jusqu’à la vitre
de l'alcool de lettres de cachets
et autres téléphériques

Elles clochent
ces façons de se détacher
sans salissure
hémorragique

d’une haine indécise
peut-être ?


***


Miracle
Le point de vue du nouveau-né
reste douteux

à rechercher toute sa vie
une parole
aussi puissante que son cri.



                                                                                               Geneviève Peigné,
                                                                                               A défaut de miracle






le vent rafales comme si traversant l'atmosphère
(ses bruits d'air cherchent passages)
je tu il nous très trop légers
et s'égratignent nos images de plantations
(quand même les arbres tombent meurent*)
puis
l'étonnement du calme (revenu)
et le retour galop de nos affolements



* * *


petites tables plateaux posés milieu d'un champ
en attendant nos légèretés et tous les fruits
je ne dors pas sur mon matelas
la forêt est traversée
de virgules et de dimanches
orpheline
en équilibre de tabouret
et une écharpe sur mes écailles


                                                                                      Albane Gellé,
                                                                                      Nous valsons






là-bas, nous regardons un secret bien gardé. ce que nous voyons est au-delà de ce qui s’offre à nos yeux. des mots viennent à nous, investissent l’esprit autant que la bouche, avec leurs bruits d’insectes. impossible de s’en défaire, même si le paysage en appelle au silence, (…)





en ce lieu, nous atteignons le sentiment d’être le cœur de ce que nous sommes venu chercher. devant nous, pas à pas, l’horizon s’invente,  (…)





                                                                                  Michel Bourçon,
                                                                                  et ainsi les arbres



---


en espérant avoir le plaisir de partager avec vous ces choix éditoriaux…



Souscription aux quatre parutions pour le prix de 22 €,
3 exemplaires = 20 €
Prix normal de l'exemplaire : 7,70 €

(Paiement par chèque à l’ordre de l’Association « Comme ça et Autrement »)


lundi 26 mars 2012

Stéphanie Ferrat




















Ventres


on garde au devant
absents les corps

comme écorces
cellules mortes

se forme une pellicule de boue

tout à l’intérieur émigre

* * *



le blanc
peu à peu s’en va

l’hiver lave
peigne

l’herbe sensible n’y peut rien
 


* * *



tant de tambours
de chaleurs évadées

on perd par noyaux
par boule
par poignées successives



         * * *



on n’écrit pas la tristesse
mais la répétition

tout ce qui subitement disparaît
avec la boue
l’herbe non-mâchée

* * *
Couverture de l'auteur.







samedi 10 mars 2012

Rencontres avec les Editions Potentille à l'occasion du 14ème Printemps des poètes 

Bibliothèque de Lormes (58) 
le vendredi 16 mars à 19h00 
Présentation et discussion autour des Editions Potentille, ainsi qu'une lecture de Geneviève Peigné ( poésie et romans chez Actes sud, La Goulotte, Virgile... et dans le programme 2012 de Potentille).


Librarie Le Cyprès (Nevers) 
le samedi 24 mars à 18h00.
Un choix de poèmes parmi les publications de Potentille sera mis en voix par Isabelle Robbe, Corinne Fréguin et Anne Belleveaux.

Puis le plaisir de l’échange et de la convivialité avec vous tous…



A bientôt !

L'intitulé du 14e Printemps des Poètes voudrait inviter à considérer quelle parole les poètes tiennent sur les commencements, apprentissage du monde entre blessures et émerveillements, appétit de vivre et affrontement à la « réalité rugueuse », comment leur écriture aussi garde mémoire du rapport premier, libre et créatif, à la langue.     …/…
Jean-Pierre Siméon

mardi 6 septembre 2011

Armand Dupuy























La tête pas vite


extrait

Seul, ................on est là, .........pas sûr,
pris par ce qu'on essuie

de fond gris.

On voudrait sentir la vie plus fort,
mais rien n'échafaude,

quelques phrases passent.

Le paysage lisse, .........lisse avec lui
qui va la route.

Des lignes s'agacent, se perturbent ou s'interrompent

................................juste après le bleu,
............................... sa quantité face au gris.


Pourtant les lignes
ne bougent pas, ......bougent .....mais le font
moins vite que les cyprès devant.

Au fond, il n'y aurait pas grand chose à dire.

Juste un arbre qu'on ne voit pas
dévore plus bas,


personne n'est là.


Couverture de bobi+bobi
bobibook.blogspot.com

mercredi 15 juin 2011

Nuno Judice



Le Mystère de la beauté



extrait de la préface


"(...) Si nous parlons d'une approche du mystère de la beauté, c'est parce qu'à la fréquentation assidue des poèmes, le sentiment que le mystère s'épaissit en touchant la beauté, nous saisit. Aucune défloration du mystère n'a lieu, bien au contraire. Nuno Judice désigne le mystérieus du mystère : la beauté ! (...) Puissance d'attraction, gravité, la vision nous saisit et nous émeut sans nous rassasier. On ne se rassasie pas de la beauté à la lecture du poème... Attraction et frustration, séduction et infini... on n'entrevoit que ce qui se dérobe.(...)




extrait


Désir nocture



Un champ dans lequel il pleut : et toute l'eau du ciel

pénétrant dans la terre, déchirant le ventre d'argile

dans le plus profond de ses entrailles. Une

absence subite au moment des adieux,
laissant derrière elle les corps, que les arbres

recouvrent de leur ombre. Les gouttes

tombent des feuilles et pénètrent par les mots,

les transformant en morceaux de syllabes

que le courant de la phrase dévore. La main

qui rédige l'hiver, et s'attarde

comme le gel qui blanchit l'herbe,

renferme dans sa dureté le souvenir de la nuit.




Couverture et page intérieure : d'après des gravure de Claude Strassart-Springer

lundi 4 avril 2011

Lecture-rencontre autour d'Alain Gérard


A l'occasion de la parution de

Jours sans levain,

les Editions Potentille proposent

une lecture-rencontre autour

d'Alain Gérard.


samedi 9 avril à la Médiathèque François-Mitterrand à Clamecy (58)

(rue Jean-Jaurès - 58500 CLAMECY - 03 86 27 30 69)

Les poèmes seront lus par Jean-Christophe Belleveaux, en présence de l'auteur.




Alain Gérard est peintre graveur et sculpteur. Il écrit depuis de nombreuses années, et a choisi, depuis peu, de publier. A pierre fendre est ainsi paru dans le supplément de la revue DPAG en 2010.


[Extraits de Jours sans levain]



Le soleil

est permanent

Il ne veut pas

d'une mauvaise guerre


* * *


Les yeux de la terre

Les yeux de la haine

- passent les dimanches -


* * *


- Le jour se lève, s'écaille -

Tu sors l'huile et les oigons

après tu verras

lundi 7 mars 2011

Le Programme 2011

4 nouvelles parutions pour continuer l'aventure poétique...


Nuno Júdice
Le mystère de la beauté


Alain Gérard
Jours sans levain

Armand Dupuy
La tête, pas vite

Stéphanie Ferrat
Ventres

Extraits
Nuno Júdice


Poème



Il est dans la campagne une science que je ne sais
pas lire, quand la pluie commence à tomber
avec la monotonie du soir et que son bruit
interrompt le silence qui croît sur
la pelouse, quand les oiseaux ne
chantent pas. J’effeuille ses pages,
entre le sentier et la roselière
qui cache la rive presque sèche ; et
une logique d’équations automnales
me ravit la lumière qui entrouvrait un
désir d’été, comme si la nuit
était arrivée pour rester. Mais quand
je ferme le livre et que j’oublie que
les choses naissent de cette science ancienne,
l’arbre ouvre une seconde fois ses branches
pour m’accueillir, et je récolte le fruit
du passé pour sentir dans la bouche,
encore une fois, le jus de la vie.


Alain Gérard



Le soleil
est permanent
Il ne veut pas
d’une mauvaise guerre.


* * *


Les yeux de la terre
Les yeux de la haine
- Passent les dimanches -


* * *


- Le jour se lève, s’écaille -
Tu sors l’huile et les oignons
après tu verras.


Armand Dupuy


Pas la totalité, bien sûr,

mais du temps,

juste assez, qui sépare
tête et main.


Cette fatigue qui vient de la nuque, descend par l'épaule, s'accumule et refait.

Une matière molle, de toute façon /

bande de flanelle d'un vieux drap, pluie sèche au carreau, manche ou peut-être.


* * * *
Formule abonnement au tarif souscription (frais de port compris) :

chaque livret : 6,00 € (au lieu de 7,70 €)
les 4 : 22,00 €

Paiement par chèque à l’ordre de l’Association « Comme ça et Autrement », et à retourner à :

Editions Potentille
2 rue du platane
58160 La Fermeté